Depuis 2016, le sound system High Budub sillonne les évènements et festivals rhône-alpins (dont le très reconnu Télérama Dub Festival) pour faire partager à son public leur musique militante et consciente. Petit tour d’horizon de la scène dub lyonnaise avec ce crew aux valeurs humanistes et positives.

 

Quelle est la genèse du projet ?

L’histoire du High Budub Sound commence en 2016, avec la rencontre de Hugo, Max, JC et Alan, rejoints peu de temps après par Malo et Ambroise. On s’est réunis autour de deux passions communes : le reggae et le sound system.

 

Chaque membre peut-il se présenter ?

À la base, on est tous collectionneur / sélecteur de vinyle. On fonctionne comme une famille, le but étant que chacun apporte son énergie, trouve sa place et s’épanouisse !
Maxence aka Mag D est notre opérateur sur la sono et riddim maker (équivalent du ‘DJ’ en musique électronique, ndlr) ;
Alan aka Biggy Smile est singjay (mélange de ‘singer’ et ‘deejay’, équivalent du toaster, artiste vocal, ndlr) ;
Hugo aka Yugolizer est opérateur et a construit certaines de nos box ;
JC aka Tahiti Boze est riddim maker ;
Ambroise aka Cusci est riddim maker ;
Malo aka Karmalo est MC et animateur.

On est souvent accompagné de notre ami jamaïcain qui vit à Lyon, King Jo, qui lui est un chanteur / toaster.

 

Comment se passe la création d’un sound system ? Est-ce un travail laborieux ?

C’est beaucoup de travail et de détermination. Il faut avoir la force d’un lion et ne rien lâcher… mais c’est comme dans tout projet. Quand on le fait avec passion et plaisir, on ne trouve pas ça laborieux. Il faut juste comprendre qu’il y a des étapes, et qu’il faut les franchir “step by step” sans se précipiter, être attentif. On apprend beaucoup en observant et en se renseignant auprès de collectifs et de sound system qui ont une plus grand expérience.
On essaye de créer notre identité tout en respectant les fondations sur lesquelles on se base.

 

Vous avez sorti votre premier vinyle, « Lyrics Plantation », en mars dernier, comment s’est déroulée la production du disque ?

En premier a été élaboré le riddim (l’instru sur laquelle chante YT), par Mag-D et Tahiti Boze à la maison, puis en studio.
Grâce à Bamboox, une association lyonnaise très active et prolifique dans le milieu underground / hip hop / reggae, qui organisait une soirée avec YT, on a pu mettre en place une session studio à Livity Records, un record shop spécialisé, et commencer a développer le morceau , les paroles.
Une fois l’instru et les vocaux prêts, vient le moment du mixage et du mastering chez l’ingénieur du son… Pour ce morceau on a travaillé avec Simon, des Red Rockers.

La sortie vinyle du projet était une évidence pour nous, car le vinyle est au cœur de la production musicale reggae.
Un de nos membres gère Livity Records, alors on a lancé la production et la distribution du vinyle en interne ! Comme une première graine plantée…
Et elle commence à germer, on vous conseille de bien rester connecté pour connaître les prochaines productions !

 

Etes-vous des diggers passionnés ? Quelles stores sur Lyon conseilleriez-vous ?

Oui, chacun des membres à sa collection de records à la maison !
Ça vaut le coup d’aller jeter un coup d’œil dans chaque magasin de vinyle, mais si tu veux un shop spécialisé dans la culture sound system tout en gardant une ouverture sur les autres musiques, c’est à Livity Records qu’il faut aller…
Et vous serez accueilli par un de nos membres : Karmalo, qui s’occupe de la boutique.

 

Comment se porte la scène dub émergente lyonnaise ? Êtes-vous en lien avec d’autres crews locaux ?

Il y a une très bonne énergie à Lyon dans la scène dub / sound system.
Il y a certains crews qu’on côtoie beaucoup pour partager des évènements et des bonnes vibes. On a aussi des projets de collaboration sur des soirées et des productions musicales en cours.
Un gros big up à la famille Bredda Sound, Skank’in Sound, High Garden Sound, Ruff & Tuff, Bside crew… “and too much to name them all ” !
Mais au-delà des crews, il y a aussi pleins d’acteurs qui font vivre la culture à Lyon, comme les passionnés qui animent les émissions de radio le dimanche sur Radio Canut (Killa Sound Massive Show, Rockers Station, Bamboox Station…), ou encore toutes les associations qui organisent des événements dans la région lyonnaise et les massives qui se déplacent en session !
Il y a un vrai public lyonnais amateur de cette culture, et c’est toujours un réel plaisir de partager ces moments avec lui.

 

Vous avez croisé la route de pas mal de monde, comme Charlie P ou encore King Alpha. Les avez-vous rencontrés ? Des collaborations à venir ?

Oui, on a eu l’occasion d’être en studio avec Charlie P pour travailler sur des dubplates, et on s’est croisés sur des dates notamment au festival Demon d’or cet été.
Pour King Alpha, il a joué sur notre sound lors d’une soirée Soundman Corner, organisée par Bamboox, en mai.
On essaye toujours de partager un moment avec les artistes, on a eu un bon feeling avec des producteurs comme Peter Lionheart du Inner Standing Sound, Flo de Emana Sound ou Dennis Capra… Mais en général c’est avec les chanteurs qu’on passe le plus de temps car les sessions d’enregistrement en studio peuvent durer.
C’est toujours enrichissant d’être en studio avec des artistes jamaïcains ou anglais comme Speng Bond, King Kong, Idren Natural ou El Indio.
Mais on oublie pas les chanteurs lyonnais, on a de très bons morceaux en cours de production avec des artistes comme Sir Jean ou Ras Khalil.

 

Quel message souhaitez-vous porter grâce à votre musique ?

Être acteur de ce milieu et partager cette musique, c’est aussi être porteur d’un message pour le public qui nous écoute et nous soutient. Chaque membre a sa propre vision de ce qu’il veut transmettre, mais on essaie d’être le plus fidèle au message que veut apporter le reggae : l’amour universel, remettre en question le système dans laquelle on vit, être libre. On parle de la réalité politique et de la société actuelle, la pauvreté, la corruption, les mensonges. On essaie de faire des chansons qui font danser mais aussi réfléchir. High Budub, c’est passer du bon temps, rigoler, mais aussi s’organiser pour que demain soit meilleur.

 

Vous allez jouer au BarBar Pub le 26 février prochain, pourquoi votre set n’est à rater sous aucun prétexte ?

On arrive avec beaucoup de fraîcheur musicale, des exclusivités. On a pas mal écumé les studios ces derniers temps, on est allés chercher de nouvelles sonorités, de nouvelles vibes. On va vous faire voyager le plus possible et vous faire passer un bon moment ! Quoi de mieux après une bonne journée de travail ou de ski ?

 

Quels sont vos futurs projets ?

La sortie de notre deuxième single qui a tourné dans beaucoup de sessions sound system partout en Europe, et notamment joué par King Shiloh, et qui porte un message fort et actuel… Open Di Border de Speng Bond, sur un riddim de Cusci… La sortie est prévue avant l’été !
On aura aussi une mixtape 100% production et dubplate maison.
Le projet principal c’est de continuer à apporter de la bonne vibe partout où l’on passe !

 

Le mot de la fin ?

Live life, love life… believe in you and make your dreams be real !

 

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