Originaire de Paris, le collectif hip-hop Playschool profite de son excursion à la montagne (sur scène le 10 mars prochain au BarBar Pub, aux Saisies) pour nous accorder un peu de leur temps et expliquer leur projet artistique. Rencontre avec Trinita, rappeur, producteur et membre du crew.

 

Comment a démarré l’aventure Playschool ?

Nous avons eu envie de fonder ce collectif pour réunir des artistes et des arts différents. Il n’y a pas que des musiciens mais aussi des vidéastes, des sculpteurs, des graffeurs, des graphistes, qui ont des goûts en commun. Playschool n’est pas exactement un groupe, c’est plutôt un cercle ouvert : on peut rentrer pour s’exprimer un temps, profiter de l’énergie des autres et repartir faire sa vie. C’est la seule manière de durer dans le temps : beaucoup d’artistes n’aiment pas les contraintes et préfèrent souvent couper les ponts dès que leur liberté est menacée. A juste titre.

 

Les membres peuvent-ils se présenter ? Quel est leur rôle au sein du collectif ? Ont-ils d’autres projets à côté ?

Voici les membres qui seront présents lorsqu’on jouera aux Saisies, le 10 mars prochain :

  • Bazoo Kumpo, un MC au passé lourd (il rappait avec la Zulu Nation, Nid de Serpents…), qui a sorti l’ album solo Exutoire il y a un an ;
  • Gogo Yubari, un MC aux goûts éclectiques, se produisant autant sur une scène abstract hip-hop qu’en compagnie de groupes punk ou rockabilly ;
  • Fabrice Allard, bassiste et compositeur dans des styles très variés. Il est très présent sur scène à Paris, il fait partie de plusieurs groupes: l’Afreeboat, Les Mutants de l’Espace… ;
  • Maxime Olsson, DJ et compositeur, autant électro que musique orchestrale ;
  • Skeez, rappeur et beatmaker, membre du groupe HarKore & Ame. Il est impliqué dans de nombreux projets hip-hop parisiens ;
  • Et moi-même, Trinita, rappeur et beatmaker, membre de La Conspiration, j’investis également dans des productions en Afrique du Sud.

 

Comment définiriez-vous le son PlaySchool ?

On a grandi avec le son rap 90’s qu’on continue d’aimer, mais on ne s’arrête pas là.
On a des morceaux plus abstract, plus jazz, ou plus actuels. Et on n’utilise pas que des samples… Au niveau des voix, les textes et la manière de les poser sont toujours au centre de notre travail.

 

Vous venez de la région parisienne, où la scène rap est florissante. Comment vous vous démarquez aujourd’hui pour réussir à vous faire une place ?

On n’est pas tous originaires de Paris, une bonne partie des membres de Playschool vient d’Evreux, même si nous sommes dispersés en France et en Europe.
La scène rap n’est pas toujours florissante à Paris, et nous n’essayons pas vraiment de nous démarquer !

 

Quels autres artistes, structures, lieux parisiens conseilleriez-vous à nos lecteurs ?

Sur Paris, des gens comme Eone et le crew Première Ligne, Joe Luccazi, font des albums qui me parlent. Casey déchire aussi, bien qu’originaire de Rouen. Mais il arrive parfois de monter sur scène lors de freestyles et d’entendre un grand nombre de talents inconnus du public à l’occasion d’un concert. La “musique non lucrative” fonctionne beaucoup en cercles et relations assez intimes, je crois. C’est aussi pour ça qu’il semble difficile de conseiller des lieux typiquement hip-hop à Paris : un même spot se retrouve habité par un esprit magique le temps d’un soir avec des artistes de fou, et puis la semaine d’après tu te fais recaler car c’est soirée disco…

 

Votre clip du titre Bouches d’égouts sorti début septembre a près de 8 000 vues sur Facebook. Ce projet avait-il l’aspect promotionnel pour unique but, ou est-ce une forme d’art à part entière que vous vouliez exploiter, et qui complète votre musique ?

C’était une vraie envie artistique. On a été longs à achever ce projet : 3 tournages différents sur 3 ans avec 3 réalisateurs différents, tous “Playschoolers”. On n’est beaucoup trop lents pour envisager quelconque action purement promotionnelle, si ce n’est quelques teasers.

Bouches d'Egouts Le Clip

Clip co-réalisé par Steve Newman, Samuel Mourouvin, Maxime Olsson et Trinita. Avec la précieuse aide de Art-lock. Remerciements à Kris, Grand Bay Café.

Publiée par PlaySchool sur Jeudi 30 août 2018

 

Pour rester sur l’aspect audiovisuel, je suis tombé sur une vidéo du crew en pleine session live, en train de composer avec de vrais instruments (basse, piano…) Jouer avec un vrai band, sur scène, c’est quelque chose qui vous attire ?

Je vois que tu as fouiné, merci, ça fait plaisir ! (rires) Oui bien sûr, la moitié de nos concerts a eu lieu avec des musiciens. Fabrice, à la basse, est présent à 100% de nos dates. Viennent se greffer percussionnistes, guitaristes selon les occasions.

Impro' Playschool

Pour fêter les 500 Likes, petite Impro' en Exclu..

Publiée par PlaySchool sur Mercredi 13 avril 2016

 

Vous êtes très influencé par le son des années 90, mais que pensez-vous de la scène actuelle ?

On n’est pas tous d’accord.
Perso, côté ricain et international, il y a énormément de belles choses je trouve, et beaucoup d’innovation. Côté francophone, il y a sûrement beaucoup de perles dans l’underground, clairement pas représentées à la radio ou aux Victoires de la Musique, alors que paradoxalement, la catégorie “Rap” prend de plus en plus de place.

 

Vous allez jouer au BarBar Pub le 10 mars prochain, donnez-nous un argument pour ne rater votre set sous aucun prétexte.

Selon les infos transmises par les organisateurs, nous serons le seul crew hip-hop de la programmation 2019 des Saisies, où nous avons déjà pris beaucoup de plaisir à rapper il y a quelques années, en formation restreinte. On a aussi rencontré pas mal de gens très cool, des locaux et des saisonniers. On vient vraiment dans un esprit de partage et de kif.

 

Quels sont vos futurs projets ?

Une mix tape Playschool, l’album solo de Trinita, le clip de Bouches d’égouts 2, le prochain album de Bazoo Kumpo… Pleins de bonnes choses !

 

Le mot de la fin ?

La vérité sort toujours de la bouche d’égouts

 

Retrouvez Playschool sur :

Catégories : Interviews